Réponse aux 45 propositions d'EELV

Réponse de Christian RAZEAU à Julien Bayou, Secrétaire national d'Europe Ecologie Les Verts , suite aux 45 propositions faites par leur Conseil fédéral du 4 avril 2020.

Nice le 20 Avril 2020

Monsieur le Secrétaire national,

J’ai bien reçu votre mail du 13 avril 2020 et vous en remercie.

J'ai bien pris connaissance des 45 propositions de votre dernier conseil fédéral.

Une seule, en page 5, concerne les animaux que je défends et dont je souhaite l'amélioration de leur condition juridique au sein de l’Association pour le Développement du Droit Animalier, "l'ADDA", c’est la proposition n° 4 :
          "Un soutien massif à la recherche et à la coopération scientifique internationale pour trouver une réponse vaccinale ou médicamenteuse à la maladie, universelle et gratuite en privilégiant les méthodes de substitu­tion à l’expérimentation animale."

Par la suite, on peut lire dans différentes pages, de très bonnes idées, mais elles ne font plus parties de vos 45 propositions :

Page 6 :
          "Actuellement, les «soins aux animaux» doivent être garantis, notamment dans les autorisa­tions de sortie et pour les personnes réquisitionnées ou malades."

Page 14 :
         " La raréfaction des milieux naturels intacts entraîne l’accroissement du  risque de transfert des virus, dits zoo­noses, les 3/4 des maladies infectieuses émergentes sont désormais d’origine  animale. Mais ce qui change, et crée les conditions de leur explosion, c’est avec la perte de la biodiversité, l’industriali­sation de l’agriculture et l’accélération  à travers le monde du transport de mar­chandises et de personnes. L’élevage  industriel, en plus de son impact sur la destruction des habitats naturels déjà mentionné, offre également, les condi­tions idéales pour l’apparition et la propagation d’épidémies dangereuses pour les animaux, dont les animaux-humains («vache folle», grippes aviaires...). "

Page 15 :
          "Faire aus­si le point sur le manque de moyens des structures d’accompagnement des femmes/enfants/LGBT victimes de violence. "

Page 16 :
          "Nous devons de toute urgence pro­téger les écosystèmes, notamment,  mais pas seulement, dans les terri­toires ultramarins: nous avons besoin de reconnaître les droits de la nature, nous devons décoloniser le monde,  nous restreindre, nous retirer."

Ce n’est pas une proposition mais vous dites aussi :
          "Nous savons que les pandémies risquent de se multiplier si nous ne changeons pas radicalement, et à une échelle planétaire, nos modes de développement et d’échanges, nos manières de vivre, nos relations au vivant humain et non humain….
il est donc devenu vital de nous in­terroger sur notre modèle de déve­loppement, un modèle fondé. sur la  recherche du profit à court terme et la financiarisation de l’économie au mépris des conséquences environne­mentales et sociales, et sur l’exploita­tion de l’humain, de l’animal ou des  ressources de la planète….

Je relève avec plaisir et je vous cite toujours :
          "Protéger la biodiversité, cela commence par faire évoluer notre modèle agroali­mentaire, trop carné, trop calorique, qui ne remet pas en cause l’usage des pes­ticides. La PAC – dont le report de 2 ans doit constituer une opportunité  ­ doit  être fléchée vers un élevage soutenable, rigoureusement tourné  vers la santé  humaine et animale dans l’Union Euro­péenne – ce qui suppose de supprimer  tout financement de l’élevage à l’expor­tation hors de l’UE. Au même titre, doit être supprimé dans l’ensemble des trai­tés de libre­ échange, tout accord relatif au commerce animal et aux denrées  alimentaires destinées à la consomma­tion animale – ces dernières contribuant directement à la déforestation, et donc à la transmission des zoonoses ....
L'Etat doit donc prendre ses responsabilités  pour enfin réglementer les pratiques,  et surtout, soutenir pleinement la  transition agro­écologique du modèle agricole français.
Nous ne pouvons donc maintenir tels  quels nos modèles d’aménagement  du territoire, cette véritable course à  la métropolisation, à la concentration  d’activités et d’habitants."

           Je fais partie des coopérateurs EELV et je m’étonne toujours de voir que, vous, écologistes responsables et aux manettes du parti, parlez très bien de l’environnement mais vous ne parlez que très rarement de la place de l’animal dans cet environnement, dans cette nature, et de la nouvelle éthique  que l’on attend à son égard.

           Nous estimons que l’animal domestique est relativement bien défendu. Mais par contre, le droit est encore trop insuffisant pour lutter contre les violences insupportables faites aux animaux d’élevages. Vous connaissez cette fameuse phrase de Charles Patterson : pour les animaux, c’est "un éternel Treblinka".

Le droit est encore impuissant concernant le respect et la protection des animaux sauvages ( conf. le loup et la Convention de Berne ).

Comment pouvez-vous demander la protection des forêts si ce n’est aussi pour assurer la protection des animaux qui la peuple ?

Pourquoi demander la protection des océans si ce n’est pour assurer aussi la protection du krill jusqu’aux cétacés ?
Comment lutter contre les pesticides si ce n’est pour protéger aussi les abeilles, les étourneaux ou les cigognes...?

Nous pensons, à la différence de vous, que la meilleure façon de sauvegarder nos vies c’est de garder chaque animal, chaque être vivant en bonne santé, le plus longtemps possible et dans les meilleures conditions possibles.

          Je ne parle pas de la défense de la biodiversité, que tous les partis politiques accrochent à leurs boutonnières. Bien sûr qu'elle est présente à tous moments mais nous souhaitons parler des individus qui la constituent.

          Nous souhaitons parler de ces "personnes non-humaines" pour lesquelles il faudra bien un jour créer une nouvelle catégorie juridique, entre les personnes humaines et les personnes morales.

Vous parlez de petits élevages.
C’est bien mieux que l’élevage intensif. Encore faudrait-il s’entendre sur le nombre d’animaux à ne pas dépasser par élevage et par espèce et quelles seraient les espèces autorisées à être élevées au moins dans les conditions respectant l'article L214.

Vous parlez d’abattoirs multi-espèces. Tels qu’ils sont, ces abattoirs ne sont plus tolérés par de nombreux français. Là aussi il faudrait au minimum et dès à présent, sans tourner autour du pot, aborder la question d’un abattage non violent, non douloureux, doté d’un cadre juridique clair accompagné de sanctions dissuasives en cas d'infractions. Et pourquoi omettre l'étude de la fermeture de ces abattoirs et omettre d'envisager ensemble leurs conséquences?

Donc je vous pose les questions :
          Quand aborderez-vous enfin, régulièrement et sereinement la protection de l’animal, en tant qu’individu, être vivant dotés pour la plupart d’un système nerveux cérébro-spinal donc doués de sensibilité et d’émotions ?
          Quand aborderez-vous ouvertement, régulièrement et sereinement la question du végétarisme et du véganisme pour enlever l’animal de la prédation et de la cupidité maladive que l’homme lui fait subir, de la même manière que nous le faisons aussi subir à nous même, au monde minéral et au monde végétal ?

    Je vous prie de croire, Monsieur le Secrétaire national, en la reconnaissance de l'intérêt de votre travail et en l’expression de toute ma considération.